lundi 13 juillet 2009

Bollywood on Yubari




















Nous nous sommes souvent fait la réflexion au cours de ces mois passés au Japon, qu'il ne pouvait pas y avoir plus éloigné de l'Inde que ce pays. A chaque manière de faire, situation, solution, comportement japonais, la manière de faire, situation, solution, comportement indien serait sans doute l'exact opposé.
Et pourtant ce matin, c'est dans une petite station de montagne que nous leur avons enfin trouvé un point commun : les japonais sont aussi passés maîtres dans la peinture d'affiches de cinéma, qui, sans que nous sachions trop pourquoi, étaient exposées un peu partout dans la ville. Nous nous sommes amusés à les photographier, à vous maintenant de trouver les titres des films auxquels elles correspondent. Pour la récompense habituelle : un bon bol de natto... et je ne tolérerai aucun désistement, tout le monde participe !

Uran

dimanche 12 juillet 2009

Le club des 2 en Hokkaido – épisode 2 : retour à Sapporo


Previously on « Le club des 2 en Hokkaido » : Sébastien dialoguait avec une biche au cœur de la forêt pendant que Stéphanie immortalisait la scène avec son numérique. L’échange n’alla pas plus loin malheureusement, une intrusive voiture passa par là, faisant fuir à toutes pattes nos nouvelles amies, et Stéphanie dû employer toute la force de sa persuasion pour empêcher Sébastien de courir à leur poursuite.
Ils reprirent donc la route, les sens en alerte au moindre mouvement de fougères, mais à part une vache en plâtre, un ours empaillé et décrépi sous une pluie battante et un poulpe grillé dans leur assiette, ils ne firent plus la moindre rencontre animalière dans les jours qui suivirent, jusqu'à cette après-midi de balade où un renard gourmand leur soutira l'entièreté d'un paquet de biscuits pour daigner leur accorder un peu de son précieux temps (et par la même occasion accepter de poser pour que Stéphanie puisse concourir pour la plus belle photo animalière amateur dans la revue "Nature, chasse et pêche" de septembre !).




... Et le défilé des petites aventures et des belles images repris son cours.
A commencer par la superbe cabane avec tatamis superposés qui fit dire une bonne 20aine de fois à une Stéphanie extatique que c’était le plus beau jour de sa vie, avant qu’elle ne se précipite pour investir sans condition le tatami du haut.




Il y a eu ensuite un bain brûlant dans les rochers, les bustes blancs qui disparaissent dans la vapeur, la lumière tamisée des lampions et le froid piquant de la nuit.
Il y eut des petits-déjeuner dans la rosée du matin en réchauffant les boîtes de café à la bougie ou dans un pénible feu de bois humide que le pire des scouts aurait renié.



Il y eut de belles journées de soleil ou de pluie battante, et des kilomètres de route avalés en ayant l'impression de nous enfoncer de plus en plus dans une réplique du mid-west américain, station-service désertes, silo à grains et champs à perte de vue, si il n' y avait eu les impeccables jardins japonais devant les grosses fermes pour nous rappeler constamment que nous n'étions pas exactement à l'endroit où nous avions l'illusion de nous trouver.






Il y eut d'autres lacs, d'autres volcans lunaires, et une méthode peu ordinaire pour faire cuire les oeufs, mais qui demande une installation un peu trop encombrante et les gestes précis d'une experte.







Il y eut des bains encore, dans un onsen de luxe pour se réchauffer d’une journée un peu froide, ou dans une eau aussi acide qu'un jus de citron.
Et de simples bains de pieds, les ashiyus, disséminés dans ces villages de montagne pour soulager les randonneurs épuisés.


Il y eut les sourires amusés devant les séances de pose des amis en vacance.




Il n'y eut enfin plus moyen d'aller plus loin parce que nous étions arrivés au bout de l'île, face à une mer aux consonances slaves qui se transforme en un gigantesque glaçon au plus froid de l'hiver, mais qui pour l'heure donnait plutôt envie d'aller s'y plonger... s'il avait fait assez chaud pour enlever nos vestes et nos pulls.



Alors nous avons fait demi-tour, pour revenir prendre l'avion qui nous ramènera une dernière fois à la Grande Ville demain matin. 
Pour un définitif THE END à l'aventure japonaise, et un possible SUITE AU PROCHAIN EPISODE.
Mais ça, c'est une autre histoire...

Uran

jeudi 9 juillet 2009

Le club des 2 en Hokkaido – épisode 1 (posté de la Grand rue d'Asahikawa)


Il y a déjà eu de petites aventures et de belles images.
La traversée en ferry donc, et l’arrivée dans cette petite ville portuaire, paupières lourdes et pieds de plomb, sillonnant mécaniquement de jolies rues d’un autre temps, celui où les banques et le hareng avaient bâti des fortunes, et où pour l’heure nous attendions juste la clef de notre chambre pour réparer notre sommeil.




Il y a eu Sapporo, grosse cité sans charme, malgré son beau jardin botanique et sa roseraie plantée de John Fitzgerald Kennedy et de Queen Elisabeth, et son triste zoo, mais où nous avons retrouvé nos habitudes de citadins : le petit expresso serré pris à l’heure du goûter dans notre cafétéria préférée, le tapis roulant de sushis bons marchés qui, comme à chaque fois, nous a réservé de charmantes surprises locales (sushis de salade de maïs, de coquille saint Jacques rôties et noisette de beurre frais, de chair de crabe et de jaune d’œuf de caille cru…), les connections internet faciles, les kombinis à chaque coin de rue.


Il y a eu le temps de nous habituer à notre petit bolide rose, d’apprendre à ne plus confondre clignoteurs et essuie-glace et, après quelques kilomètres d’échauffement, à utiliser avec efficacité nos cartes imprécises et notre gps sophistiqué… entièrement en japonais !


Il y a donc eu les étapes pique-nique sur les jolies aires longeant la route, en évoquant ceux magiques mais trop rares de nos enfances, et l’envie de restaurer la tradition autour de belles nappes blanches, de gâteaux à étages et de glacières.



Il y a eu, à Noboribetsu, la promenade au milieu d’un paysage lunaire de cratères, de geysers, de lacs fumants et de monstres de plâtre, les pieds trempés dans la rivière tiède, le grand et beau onsen du luxueux hôtel, puis le restaurant providentiel et la chambre au confort vieillot et trop chère mais salvatrice alors qu’on n’y croyait plus.



Il y a eu le joli petit lac, sur la route 66, et un autre plus grand, au pied de 2 volcans nourrissons puisque sortis de terre dans un grand tremblement un beau jour il y a à peine 60 ans.
C’est au bord de ce lac que nous nous sommes improvisés campeurs le temps d’une nuit, avec une tente et quelques trop maigres couvertures de location, mais la baignade du matin avec les crevettes qui me chatouillaient les orteils valait bien les courbatures et grelottements de la nuit.




Il y a eu les kilomètres sur les routes de montagne et de côtes, à traverser des villes fantômes dignes du Far West, une nouvelle étape à Otaru, un bain public populaire où les matrones me dévisageaient d’un air bienveillant et les messieurs trouvaient tout naturel de venir demander un rab de savon dans l’entrée sans même penser à s’encombrer d’une serviette.
Une nuit chez un sympathique monsieur louant ses tatamis pour un prix raisonnable mais ayant oublié de nous préciser qu’était compris le bruit assourdissant de la grand route toute proche.
Il y a eu un rapide passage à Sapporo, le temps de prolonger la location du bolide et vous donner des nouvelles, puis l’est cette fois, où la confiance nouvellement acquise dans notre maîtrise du gps nous a fait prendre des raccourcis sur des chemins improbables et plus adaptés aux gros 4x4 des rues de Uccle qu'à notre cacahuète. 
Grâce à quoi il y a eu cette belle rencontre sous les branches et Sébastien qui s'est découvert un don pour communiquer avec les biches... mais qui en aurait douté !



A suivre.... Uran