dimanche 12 avril 2009

jeudi 9 avril 2009

Récolte sous la neige

Cette nuit, il a neigé sur Tokyo. Le ciel impeccablement bleu hier n'avait pourtant rien laissé présager. Levée avec le soleil, le ciel tout aussi limpide de ce matin ne m'avait pas non plus inquiétée. C'est donc insouciante, en t-shirt et sandalettes, que je suis partie faire ma récolte quotidienne de fleurs dans le petit parc à deux pas de la maison. Dire si je ne m'étais pas préparée à ça !



Malgré l'azur tranquille et sans nuages, un véritable blizzard se déchaînait sous les branches. Courageusement, je fis quand même ma récolte, le tapis de flocons crissant sous mes pas.




Puis je me suis assise un peu en retrait pour m'imprégner du spectacle. Je suis restée longtemps sous la pluie des pétales, qui semblaient profiter malicieusement du petit sursis matinal qui leur était accordé pour enchaîner courses, saute-mouton et glissades avant que les enfants ne viennent reprendre leur droit légitime sur les lieux.


Me maudissant intérieurement de cette langueur, j'essayais de m'arracher au spectacle hypnotique. "Stef, dépêches-toi, tu perds ton temps !" me dis-je sur un ton d'agacement rageur. Ce à quoi je me répondis tranquillement : "Et bien non ma chère, je ne le perds pas, je le prends !"


Uran

mercredi 8 avril 2009

Le jardin extraordinaire

Je sais à quoi m'attendre en publiant cet article, le choix entre 2 réactions : 
  1. "Oh bon sang, mais elle va nous lâcher un peu avec ses cerisiers ! C'est bon, on a compris ! Ouais, c'est joli, et après ! C'est pas transcendant non plus. Si je veux voir des arbres, je peux en photographier plein au Bois de la Cambre, pas besoin de courir à Tokyo pour ça ! Ah ben ça valait bien la peine qu'ils aillent si loin, moi qui voulait voir des photos de la ville, chuis pas servi !" – à ceux là je répondrai : patience les amis, Astro revient bientôt et reprendra aussitôt les choses en mains.
  2. "Mais elle a pas honte de nous narguer avec ses photos de pause-déjeuner dans des parcs ensoleillés. Ah c'est ça, elle se marre, pendant que nous on se tape le bureau et les collègues lourdingues. Après ça, elle dira encore qu'elle est partie "travailler et reprendre contact avec les racines profondément enfouies de sa créativité". Créativité, mon oeil, elle fout rien ouais.... de toute façon j'ai toujours que cette fille c'était une fainéante" – à ceux là je répondrai : m..tûûûûûûûût..e
Donc, d'une manière comme d'une autre, le résultat sera le même : après avoir lu ce message, vous refermerez consciencieusement cette page, effacerez soigneusement le signet de vos favoris, et ne reviendrez plus jamais y jeter un oeil.
Et bien tant pis pour vous, moi je continuerai quand même, pour la dernière fidèle lectrice qu'il me restera : ma soeur... enfin, je le suppose...
Ceci étant dit, voici donc le sujet qui m'amène : une enième visite dans un des enièmes parcs de la ville : celui du quartier de Shinjuku, le plus grand arrondissement de Tokyo. Normal donc qu'il abrite le plus grand parc, et donc une étape incontournable sur mon marathon cerisiers de cette semaine.
Histoire de ne pas mourir idiote et de joindre l'utile (apprendre) à l'agréable (bronzer... euh pardon, avancer dans mon cheminement créatif), armée de la petite feuille distribuée à l'entrée, j'ai entrepris d'arpenter, avec quelques milliers de promeneurs curieux comme moi (mais ils travaillent quand les gens ici au fait ?) les kilomètres de pelouse à la recherche de toutes les variétés de sakuras mentionnés. Parce que moi, en fine observatrice que je suis, je n'avais pas encore remarqué que des sakuras, il y en avait des tas de différents ! Me voilà donc partie vaillamment en chasse, sous un soleil de plomb, à faire 1 fois, 2 fois, 3 fois le tour de ce maudit parc, en long, en large, en diagonale. Et bien je peux vous l'affirmer maintenant, les pieds en sang et le nez cramoisis : on nous ment, on nous manipule : le cerisier vert (2ème ligne, cases 3 et 4) que j'ai passé l'après-midi à chercher n'existe tout bonnement pas, légende horticole tout comme le sont la tulipe noire d'Alain Delon et les oranges bleues de Tintin. 
Enfin, peu importe, la balade était bien jolie tout de même, et à en juger par la couleur de mon nez et de mes épaules, l'immersion créative fut... efficace !

Uran