Pour rester dans les souvenirs, puisqu'il s'agit bien moins de parler de Tokyo pour l'instant sur ce blog que de nos souvenirs d'enfance à ma soeur et à moi, c'est donc avec effroi que j'ai appris ce matin 8h heure nippone la mort de l'idole de mes 10 ans.A l'époque avec Florence, nous nous livrions une guerre de fans sans pitié, et à son adoration sans bornes de Bernard Lavilliers, il m'avait rapidement fallu trouver une parade pour riposter aux fardes remplies d'articles de magazines, aux posters punaisés aux murs de son antre de grande soeur et aux 33 tours écoutés à fond sur la platine du salon.
J'avais donc, allez savoir pourquoi, choisi Michaël J. plutôt que Chantal G. pour passer à mon tour à l'offensive, et je trouve après coup que le choix n'était pas si mauvais, même si sur le moment il semblait assez hasardeux d'opposer aux textes engagés (et aux mélodies parfois plombantes, allez Flo, tu peux bien le reconnaître maintenant ;-)) la fièvre du disco et les déhanchements hystériques du Prince de la Pop.
Pour Florence évidemment, ça n'était que niaiseries de petite soeur, mon Michaël n'arrivait pas à la cheville de son Bernard, mais je me faisais un malin plaisir d'ignorer ses moqueries et de la narguer en balançant des fesses sur le divin "Don't stop till you get enough" ou en imaginant que les cases de la marelle dessinée dans la cour s'illuminaient au fur et à mesure que j'y progressais sur la pointe des pieds.
Et quelle impatience que d'attendre cet été là l'arrivée de mon Mickey Parade du mardi matin pour y découper fébrilement sa biographie en bande dessinée publiée en 5 épisodes que je m'empressais de glisser dans ma précieuse farde...
Le temps passant, l'admiration s'est estompée pour laisser place à d'autres idolâtries plus adolescentes, et la guerre entamée avec Florence s'étiola d'elle-même, non sans une dernière bataille qu'elle remporta de manière écrasante, puisque je me retrouvai condamnée un samedi soir à assister à un concert de mon ennemi juré à Forest National, nos parents n'ayant pas voulu laisser leur grande fille risquer de se perdre, seule à la capitale. Il me fallut donc me résigner ce soir là à attendre la fin de la torture en ravalant ma rage, couchée sur les genoux de notre mère en me bouchant les oreilles, attendant que ma soeur remonte de la fosse des étoiles dans les yeux et un petit sourire victorieux à la commissure des lèvres qui, je le soupçonne, m'était tout spécialement destiné. Oui je pouvais être une vraie petite teigne à l'époque... mais elle me le rendait bien !
20 ans et des poussières plus tard, la hache de guerre est depuis longtemps enterrée, nous sommes passées à autre chose.
Mais on n'oublie pas ses premières amours, et la nostalgie ne peut que nous saisir quand elles disparaissent trop tôt. Petite pensée émue donc en ce triste matin du 26 juin, à marquer définitivement d'une pierre blanche... date qui me servira désormais d'aide-mémoire pour ne pas oublier l'anniversaire de ma soeur le lendemain... "L'anniversaire de Flo ? Ah mais oui, c'est le lendemain de la mort de Michaël !".
Ca y est, échec et mat, il l'a enfin eue sa petite vengeance !-)
Et pour finir ce billet revival en beauté, la réflexion profonde et grave d'une grande philosophe entendue sur un podcast de Pure Fm. Quiconque aurait une petite idée de ce que ça peut bien vouloir dire nous laisse son hypothèse dans les commentaires. Nous, on n'a toujours pas compris !
"On émane une énergie qui nous renvoie notre pensée."
Lara Fabian
Uran