mardi 7 juillet 2009

En repassant par Sapporo...

Un petit mot tout nu, sans images, sans dessins et en coup de vent pour vous dire que tout va bien, qu'on vient de passer 3 jours sur la route, entre onsen, volcans en activite, camping improvise au bord d'un lac et tartines grillees a la bougie. On a tellement aime ca qu'on re-signe pour 5 jours et qu'on repart cet apres-midi pour une autre boucle dans un autre parc naturel. Des qu'on peut, compte rendu en bonne et due forme et photos a l'appui. Dans le pire des cas, ca sera pour notre retour definitif a Sapporo, le 13 au soir, avant de reprendre l'avion pour aller dire au revoir a Tokyo.
A tres bientot.

Uran

samedi 4 juillet 2009

Interlude géométrique




Sans savoir exactement quand nous pourrons nous reconnecter puisque nous partons ce matin explorer les environs dans une rutilante voiture de location – qui s'avérera sans doute également devoir nous servir de lit pour nous permettre quelques économies – voici de quoi réviser votre géométrie en attendant la rentrée.
Ja mata ne.

Uran

Le petit oiseau va sortir !









Bien moins beau que le zoo de Ueno, même pas aussi chouette que son cousin de Maubeuge, le zoo de Sapporo est une succession de tristes cages rouillées et trop petites pour leurs locataires, dont la structure rappelle parfois le vieux décor d'un mauvais James Bond des années 70.
Plutôt que d'immortaliser un tel spectacle, j'ai préféré photographier les panneaux où, j'ai eu beau essayer de me montrer convaincante, Astro n'a malheureusement jamais accepté de glisser sa tête.
Mais qu'est-ce qu'on ne fait pas comme miracle de nos jours avec un peu de patience et un bon programme de retouche d'images !

Uran

vendredi 3 juillet 2009

The love boat


Le capitaine Stubbing nous attendait d'un ferme pied marin pour nous souhaiter la bienvenue sur son navire. Par contre, nous avons eu beau chercher sur tout le bateau pendant les 18 heures qu'a duré la traversée, pas de trace de Julie, Isaac, Goffer ni du docteur - sans doute en train de tomber une patiente dans son cabinet comme à son habitude !
Quant aux luxueuses cabines, à la piscine sur le pont promenade, au casino, aux magasins, au hall d'entrée avec son majestueux escalier, aux soirées dansantes en robe de diamants, au dîner à la table du capitaine, à l'escale à Coppacabana et au départ en lançant guirlandes et cotillons sur les gens venus nous regarder partir du quai, sans doute nous étions nous trompés de série parce que rien de tout ça. A la place nous étions plutôt plongé dans l'univers d'un soap anglais, l'épisode où les protagonistes prennent le ferry pour aller jusqu'à Dublin, et occupent la traversée à écluser des canettes de demi litres de bière directement achetées au distributeur, à manger des nuggets et à faire la sieste à même la carpette de leur cabine (mais non je ne véhicule pas de gros clichés sur les anglais, je parle des séries anglaises, nuance !), puisqu'en seconde classe, le billet ne donne même pas accès à un maigre matelas, encore moins à une couchette.
Mais comme d'habitude, tout cela avait un charme bien japonais : la carpette était d'une propreté immaculée, les buveurs de bière très discrets et polis, le restaurant, à côté des nuggets, servait des petits plats exquis, et un sentô (les bains traditionnels, je rappelle pour ceux qui auraient oublié) aux larges baies vitrées nous a permis de passer une petite heure agréable, flottant dans l'eau brûlante le regard perdu dans l'océan.
L'arrivée à Otaru – petite ville côtière de l'Hokkaido – à 4 heures du matin ne se fit tout de même pas dans la plus pétaradante des formes, et il nous fallu bien de la résistance pour nous traîner dans la ville jusqu'à 15 heures en attendant de pouvoir tester le lit pour une petite sieste réparatrice, parce qu'au Japon c'est ainsi, les chambres d'hôtel ne sont disponibles qu'à 3 h, pour être sûr de laisser assez de temps au roumou-sébissu à partir du check-out de 10 h pour débarrasser les chambres de la moindre particule de saleté (5 heures, c'est à peine assez pour passer l'aspirateur et refaire les lits !).
En arrivant de la trépidante Tokyo, les rues désertes de cette petite ville de province nous ont parus bien calmes, pour ne pas dire mortes. Il va falloir nous habituer à ce nouveau rythme, nous reconnecter à la vraie nature – pas celle des parcs et des squares – et abandonner pour un temps la technologie et l'impatience.
Et pour moi, habituer mon estomac à s'accrocher quand il voit des king crabes de la taille d'une poney se faire éviscérer vivants dans les allées d'un marché aux poissons.
Yôkoso* en Hokkaido !
(*bienvenue)
Uran







To be continued... le making of









Quelques unes des enseignes emblématiques japonaises, et celle d'un bureau de police de quartier comme il y en a partout.
C'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup...

Uran

lundi 29 juin 2009

To be continued...


A la terrasse d'un de nos cafés préférés du quartier de Daikanyama (à deux pas du magasin Léonidas et du fantastique traiteur italien.... pour ceux qui suivent les aventures depuis le début, cela ne manquera pas de vous renvoyer à un épisode précédent), Sébastien bricole dans son nouveau carnet un collage compliqué pendant que j'écris ces quelques lignes. Demain à la même heure, nous serons partis vers d'autres horizons, à la découverte de campagne, de parcs et d'un peu d'océan. Depuis une semaine que nos billets sont réservés, les crayons sont tristement abandonnés sur la table, l'appareil photo se promène dans le sac de Sébastien en spectateur pendant que nous piétinons dans la ville, impatients, comme si soudain Tokyo était devenue trop petite pour contenir nos envies. Amoureux ingrats et volages, nous sommes déjà prêts à quitter sans regrets cette ville pourtant tant aimée. Peut-être parce que nous savons que notre histoire n'est pas finie, que l'amour, celui des films hindis et des romans de la table ronde, celui qui s'écrit avec un grand A, ne s'éteint pas comme ça. Nous reviendrons, il le faudra, pour 1 heure ou 1 an, repuiser à la source la belle énergie qui nous nourrit depuis 3 mois.

Uran

... et quand je dis sans regrets, je mens un peu, pour ne pas fâcher la grande soeur, ni agacer l'amoureux. Mais je sens bien moi que depuis hier un petit noeud a poussé dans ma gorge qui se manifeste de temps en temps pour me faire piquer les yeux.
Mais chuuuut, j'en ai déjà trop dit...


Edit du soir : 
les colocataires m'ont aidée à faire passer le noeud à coup de doses thérapeutiques de vodka coca, Sébastien a organisé une polaroïd-party, Flavien nous a fait des tours de magie, j'ai hérité d'un beau manteau de fourrure... finalement la page se tourne en riant !







jeudi 25 juin 2009

The death of a king


Pour rester dans les souvenirs, puisqu'il s'agit bien moins de parler de Tokyo pour l'instant sur ce blog que de nos souvenirs d'enfance à ma soeur et à moi, c'est donc avec effroi que j'ai appris ce matin 8h heure nippone la mort de l'idole de mes 10 ans.
A l'époque avec Florence, nous nous livrions une guerre de fans sans pitié, et à son adoration sans bornes de Bernard Lavilliers, il m'avait rapidement fallu trouver une parade pour riposter aux fardes remplies d'articles de magazines, aux posters punaisés aux murs de son antre de grande soeur et aux 33 tours écoutés à fond sur la platine du salon.
J'avais donc, allez savoir pourquoi, choisi Michaël J. plutôt que Chantal G. pour passer à mon tour à l'offensive, et je trouve après coup que le choix n'était pas si mauvais, même si sur le moment il semblait assez hasardeux d'opposer aux textes engagés (et aux mélodies parfois plombantes, allez Flo, tu peux bien le reconnaître maintenant ;-)) la fièvre du disco et les déhanchements hystériques du Prince de la Pop.
Pour Florence évidemment, ça n'était que niaiseries de petite soeur, mon Michaël n'arrivait pas à la cheville de son Bernard, mais je me faisais un malin plaisir d'ignorer ses moqueries et de la narguer en balançant des fesses sur le divin "Don't stop till you get enough" ou en imaginant que les cases de la marelle dessinée dans la cour s'illuminaient au fur et à mesure que j'y progressais sur la pointe des pieds.
Et quelle impatience que d'attendre cet été là l'arrivée de mon Mickey Parade du mardi matin pour y découper fébrilement sa biographie en bande dessinée publiée en 5 épisodes que je m'empressais de glisser dans ma précieuse farde...
Le temps passant, l'admiration s'est estompée pour laisser place à d'autres idolâtries plus adolescentes, et la guerre entamée avec Florence s'étiola d'elle-même, non sans une dernière bataille qu'elle remporta de manière écrasante, puisque je me retrouvai condamnée un samedi soir à assister à un concert de mon ennemi juré à Forest National, nos parents n'ayant pas voulu laisser leur grande fille risquer de se perdre, seule à la capitale. Il me fallut donc me résigner ce soir là à attendre la fin de la torture en ravalant ma rage, couchée sur les genoux de notre mère en me bouchant les oreilles, attendant que ma soeur remonte de la fosse des étoiles dans les yeux et un petit sourire victorieux à la commissure des lèvres qui, je le soupçonne, m'était tout spécialement destiné. Oui je pouvais être une vraie petite teigne à l'époque... mais elle me le rendait bien !
20 ans et des poussières plus tard, la hache de guerre est depuis longtemps enterrée, nous sommes passées à autre chose.
Mais on n'oublie pas ses premières amours, et la nostalgie ne peut que nous saisir quand elles disparaissent trop tôt. Petite pensée émue donc en ce triste matin du 26 juin, à marquer définitivement d'une pierre blanche... date qui me servira désormais d'aide-mémoire pour ne pas oublier l'anniversaire de ma soeur le lendemain... "L'anniversaire de Flo ? Ah mais oui, c'est le lendemain de la mort de Michaël !". 
Ca y est, échec et mat, il l'a enfin eue sa petite vengeance !-)
Et pour finir ce billet revival en beauté, la réflexion profonde et grave d'une grande philosophe entendue sur un podcast de Pure Fm. Quiconque aurait une petite idée de ce que ça peut bien vouloir dire nous laisse son hypothèse dans les commentaires. Nous, on n'a toujours pas compris !

"On émane une énergie qui nous renvoie notre pensée."
Lara Fabian

Uran